Traverser Madagascar


Traverser Madagascar

Malgré ce long silence du temps des fêtes, me revoici, un peu rouillée, pour vous raconter les derniers moments du projet de coopération internationale de 12 jeunes éducatrices…toujours à Madagascar, bien sûr!

Lors du dernier article, les filles se préparaient pour partir à la rencontre des nounous et des enfants de la Maison d’Antoine, situé à un petit 9 heures de routes tortueuses d’Antananarivo. Cœur sensible s’abstenir!

Il est 5h du matin, elles sont maintenant installées confortablement dans l’autobus. Elles sont épuisées ou enrhumées, la gastro fait ses ravages chez l’une d’elle, mais elles répondent toutes à l’appel.

La route est longue, mais belle à couper le souffle. Je n’arrive tout simplement pas à dormir pour profiter de chaque instant. On a la chance de croquer sur le vif de petits moments de vie quotidienne dans chaque village que nous croisons.

Si loin de tout, si près de nous, la réalité de ses communautés nous rejoint profondément. Les enfants jouent, les parents socialisent, rient et travaillent pour nourrir et habiller leur famille. La vie respire, sans artifices. Ils sont humains, tout simplement.

Arrivées à bon port, l’océan Indien nous attend. C’est l’hiver, mais la population de Tamatave profite de la plage et quelques enfants s’aventurent dans l’eau. On se croirait en Californie avec cette atmosphère très balnéaire, mais la richesse liée à l’industrie touristique y côtoie la pauvreté de façon frappante, amplifiant ainsi l’injustice sociale dans laquelle la majorité des malgaches vivent.

Après un dodo bien mérité, les éducatrices se mettent en route pour la maison d’Antoine. Les nounous malgaches les attendent avec fébrilités. Elles ont entendu parler de la formation que les filles ont offerte au ministère et elles ont hâte d’apprendre de nouveaux trucs pour stimuler leurs petits.

Le défi sera d’autant plus grand pour les éducatrices québécoises, que ce centre d’accueil est particulièrement avancé. Les nounous ont une grande expérience et le centre bénéficie de plusieurs donateurs leur permettant de profiter de plusieurs équipements éducatifs.

Malgré la fatigue accumulée, les éducatrices trouvent la force d’entamer avec les nounous plusieurs activités :

  • Stimulation des tout-petits avec des objets de la vie courante (bouteilles musicales avec grain de riz, tour d’empilage avec de vieux cd, installation de mobiles maison au-dessus des couchettes, jeux de textures avec de vieux tissus, etc.)
  • Explication de la recette et préparation de pâte à modeler maison pour les 3-5 ans (et les plus grands!)
  • Création de jeux avec ballon
  • Jeux de marelle et autre dessin au sol
  • Chansons à répondre et danse dirigée
  • Et j’en passe!

Elles prennent même le temps de montrer plusieurs techniques de réanimation cardiaque à toutes les nounous. Toutes se prennent au jeu avec un enthousiasme contagieux. La complicité des nounous est inspirante pour les éducatrices. Elles entrevoient la dynamique qu’elles vivront dans leurs futurs milieux de travail.

Après deux jours passés dans ce centre d’accueil, il est maintenant temps de retourner à Tana. C’est le cœur gros que les enfants, les éducatrices et les nounous se disent au revoir.

Sur la route du retour, nous arrêtons à un marché. Épuisée (et je n’aime pas magasiner. Oui oui, ça se peut!) Je reste dans l’autobus avec Carol-Ann. À un certain moment, quelques enfants approchent l’autobus afin de vendre des articles ou simplement pour demander de l’argent. Carol-Ann décide donc d’improviser et entame des chansons à répondre afin de leur donner l’occasion de rester des enfants, l’espace d’un instant. Le mot se propage et le groupe d’enfant grandit rapidement. Une foule d’enfants enjouée attend les autres éducatrices qui reviennent peu à peu et qui se mêlent avec plaisir à ce jeu.

Ce moment a duré 30 minutes à peine, mais il représente à lui seul l’essence de tout ce projet à mes yeux : permettre aux enfants de rester enfant et de grandir dans l’émerveillement malgré les difficultés sociales dans lequel ils vivent.

Quoi dire de plus!

Que c’est la fin du projet bientôt?

Que le prochain article sera le dernier?

Que les filles s’apprêtent à dire au revoir aux enfants?

 

Qu’on se dit à bientôt?