S’engager pour la planète


S’engager pour la planète

Je vais être brève cette semaine, parce que nous avons un magnifique témoignage à vous faire lire. Je DEVAIS vous le partager, car il contient tout le pourquoi je suis ces jeunes femmes exceptionnelles depuis plusieurs mois!

Donc, vite vite, le 10 juin dernier, les éducatrices ont offert les dons des enfants des écoles québécoises à l’école du village d’Ambohijanaka. Le projet 1+1 =1000 consistait à amasser des fournitures scolaires pour les enfants Malgaches, dans le but de conscientiser les enfants québécois sur leur réalité planétaire et leur engagement social. Les images parlent d’elles-mêmes! Tout un party! Même le maire était présent!

Ensuite, nous sommes allées rencontrer pour fêter pour un petit 5 à 7 avec Mme Fange et Mme Vola, les intervenantes (et amies du bout du monde!) du ministère de l’Éducation avec qui les organisatrices du projet ont collaboré dès 2005. Les images parlent ENCORE d’elles-mêmes. Finalement…pourquoi j’écris ? 😉

Alors, c’est le grand moment! Voici le magnifique témoignage!

Bonne lecture!!

« Et voilà ! Me voilà revenue et un peu plus grandie de mon expérience à Madagascar. J’en ai vu des affaires, des belles comme des moins belles… des tristes comme des enrichissantes.

Je ne vais pas changer mon quotidien en me disant de ne pas gaspiller de nourriture parce qu’un enfant quelque part ne mange pas, je ne vais pas arrêter de m’acheter des vêtements parce qu’un enfant malgache n’aura que 2 chandails différents dans toute sa vie, je ne vais pas arrêter de boire de l’eau a grande gorgée parce qu’ils n’auront jamais la chance de boire de l’eau potable. Par contre, je vais me trouver chanceuse. Je vais me trouver TELLEMENT chanceuse. Je ne peux pas gaspiller cette chance et faire comme si ma réalité était dégoûtante. Je vis en Amérique du Nord, j’ai la chance d’avoir de la nourriture tous les jours en quantité illimitée, j’ai la chance d’ouvrir mon robinet et d’avoir de l’eau potable, j’ai la chance de pouvoir dormir dans un lit, d’avoir un toit au-dessus de ma tête, d’avoir 2 parents présents et en santé, d’avoir une famille, des amis, d’avoir de la sécurité, de l’amour, de l’éducation … Je ne peux pas me priver de ma réalité, mais je dois réaliser à quel point il est facile pour moi de vivre et d’avancer dans la vie. À quel point il est facile pour moi de vivre …

Ces enfants m’ont appris encore plus que je leur ai appris. J’ai compris que l’éducation sur les bancs d’école est la base, le reste, c’est la vie qui te l’enseigne. C’est le regard de ces enfants qui m’ont appris. C’est l’histoire derrière ces grands yeux bruns qui m’a frappée. Ils n’ont vécu que quelques années sur terre et ils connaissent déjà l’enfer. Et moi ? Wow … Ces petits anges ne parlent même pas la même langue que moi et déjà ils ont réussi à transformer la vision que j’ai toujours eue de moi-même.

On ne peut pas imaginer (non réellement ne pensez même pas POUVOIR l’imaginer), tant et aussi longtemps qu’on a pas les pieds dans la pauvreté. On ne peut pas imaginer à quel point c’est difficile survivre, c’est une bataille incroyable de vivre. On ne peut pas imaginer la douleur qu’ils ont vécue avant de l’avoir tenu dans nos bras. On ne peut pas vivre la pauvreté avant de l’avoir vu, touché, avant de l’avoir senti et de l’avoir accompagnée.

J’ai compris c’est quoi les vraies valeurs de la vie. Je n’ai jamais cru en Dieu ou en toute autre domination surnaturelle, mais j’ai compris ce qu’ils s’obstinent à essayer d’expliquer depuis des milliers d’années. J’ai compris l’importance de la famille, l’importance de la simplicité, l’importance du respect des uns des autres, l’importance du partage et de l’entraide. J’ai appris à réellement aller plus loin que le bout de mon nez et à aider les autres à le faire. J’ai appris que le matériel n’est absolument pas nécessaire, que c’est avec le coeur qu’on crée des moments inoubliables et non avec le porte-feuille.
Il n’y a pas plus beau sentiment que de se sentir vivante. De se sentir présente dans son corps et dans sa vie. Je réalise que je dois apprécier ce que j’ai et ce que je suis, car j’ai déjà tellement plus que ce dont j’ai besoin.

 

J’ai appris que je devenais humaine, à la base de l’humanité. – Marjorie