Planifier l’émerveillement de l’enfance à Madagascar


Planifier l’émerveillement de l’enfance à Madagascar

Alors aujourd’hui, nos éducatrices planifient en vue de débuter les activités avec les enfants de Madagascar dès le lendemain matin. Ça sent le concret !

Nous déballons nos 15 valises d’accessoires de jeux et de matériel scolaire. C’est Noël.

La table déborde. Je me sens noyée sous le matériel. Les filles sont focus, cet environnement, elles le maîtrisent.

Line et Élaine, nos incroyables organisatrices, rappellent quelques conseils avant d’entreprendre la planification :

  • Une seule consigne par jeu;
  • Expliquer le jeu par imitation (les nounous et les enfants ne parlent pas français);
  • Observer et prendre des initiatives;
  • Travailler avec les nounous, se laisser guider;
  • Déposer l’enfant au sol le plus souvent possible;
  • Présenter aux nounous de nouvelles façons de stimuler l’enfant présentant des troubles moteurs;
  • Demander l’aide de Mme Éléonore et de Florence pour les rassemblements (oui, ils sont tout de même une centaine lors des dîners);
  • Insister sur le lavage des mains;
  • Interpréter des chansons à répondre faciles à reprendre et qui font bouger;
  • Planifier une journée à la fois;
  • Pousser leur créativité avec le matériel disponible.

Et les voilà plongées dans leur univers. Elles ont derrière elles trois années d’études visant le développement de la petite enfance. C’est maintenant le temps de le mettre en pratique. Quel meilleur moment pour débuter ! Elles se séparent en trois équipes. Il y aura trois éducatrices auprès des poupons du centre d’adoption, deux éducatrices auprès des 2-5 ans et un truckload d’éducatrices pour la centaine de jeunes dîneurs de l’école du village qui passeront exceptionnellement des demi-journées avec elles (les enfants malgaches vont à l’école le matin ou l’après-midi et le mercredi est journée de congé). !!!

Derrière chaque activité se cache une compétence, une sphère de développement de l’enfant, et ce, selon son âge :

  • La motricité globale
  • Le langagier
  • Le cognitif
  • Le social
  • L’affectif

Une chanson pour enfant, ce n’est pas seulement un amalgame d’arrangements musicaux provoquant un mal à la tête à mon chum, c’est surtout une activité pour développer la motricité globale (s’il y a des mouvements), le langagier (maîtriser la langue de la chanson), le cognitif (apprendre les paroles par cœur), le social (interagir avec les autres durant ladite tune) et l’affectif (chanter permet de rassembler les gens, feu de camp compris ou non). Bref, chanter, c’est le nirvana du développement de l’enfant.

Avouez que vous voyez les interventions des éducatrices de vos enfants autrement !

À l’heure du dîner, nous sommes invitées par les hôtes de notre maison à visiter un petit coin de leur pays. Nos hôtes ont pour mission de faire découvrir toutes les beautés de Madagascar. Étant donné notre horaire plus que chargé pour les prochaines semaines, nous ne pourrons profiter de leur expertise, mais je dois souligner que leur vision est tout simplement géniale. Oui, Madagascar est un pays défavorisé, mais elle a tant à offrir ! Et nos hôtes font tout en leur pouvoir pour redorer sa noblesse, un visiteur à la fois.

Les éducatrices visitent donc avec nos hôtes un petit endroit très magique où nous mangerons un poisson délicieux, sous le charme du groupe de musique RAKOTO FRAH ZANANY

Au retour, la mission de notre hôtesse, Madame Boude, est de nous trouver de la canne à sucre dans un petit village. C’est le retour des classes. Les rues sont sillonnées de petits enfants accompagnés de leurs parents, sous le regard attendris de 12 éducatrices qui trépignent d’impatience d’entreprendre leur mission.

Cette canne à sucre, nous la dégusterons avec classe et finesse (euh.. vraiment pas!) sur le bord de la piscine, en compagnie d’un coucher de soleil à donner des frissons…

Demain, ça commence !