Le départ


À l’instant où j’écris ce texte, nous sommes revenus de notre périple à Madagascar depuis environ 1 semaine. Ça me fait tout drôle de replonger dans nos souvenirs, de ce qui me parait encore être seulement un rêve. 17 jours avec des 12 éducatrices carrément captivantes et attachantes… à Madagascar, c’est dur à réaliser.

Mes notes sont devant moi, mes 10 000 images prêtes à être éditées et j’ai le syndrome de la page blanche (de l’écran blanc?).

Récapitulons! Je dois vous raconter l’aventure de 12 jeunes finissantes en techniques d’éducation à l’enfance du Cégep Régional de Lanaudière à L’Assomption lors de leur mission à Madagascar.

Leur mission était claire :  aider le gouvernement malgache à apporter aux nounous de nouvelles techniques de stimulation pour les enfants de 0 à 5 ans, et ce, dans plusieurs centres d’accueil du pays.

Elles devaient émerveiller l’enfance.  Elles devaient donner une chance aux enfants malgaches de rester des enfants malgré les difficultés économiques du pays. Elles devaient soutenir l’éducation des acteurs de demain.

Elles avaient le devoir d’émerveiller. Elles le feront non seulement avec sérieux et application, mais en s’émerveillant, elles aussi. L’émerveillement nous rassemble et je veux le raconter.

On part ?

On part!

Premier constat : j’ai de la difficulté à me relire. Note à mon futur moi-même : Applique-toi quand tu écris à la main!!

Ok c’est dit! Un peu de sérieux maintenant!

Premier mouvement, nous sommes le 1er juin 2016. Il est 15h30 et elles se rassemblent à l’aéroport. Tout le monde est présent pour ce grand moment : parents, enfants, maris, frères, soeurs, amis, voisins? Elles forment une barrière humaine empêchant la libre circulation du peuple aéronautique avec nos innombrables valises, mais il faut ce qu’il faut pour partir de façon grandiose en projet de coopération international!

Le moment voulu, la séparation est très émotive pour plusieurs.

Mais peu importe la réaction de leurs proches, ils sont tous si fiers d’elles. Ils font partie de l’aventure eux aussi en leur apportant tant de soutien.

Alors nous traversons les douanes en troupeau (vert). Nous disons au revoir à nos 30 valises et rejoignons rapidement notre porte d’embarquement. Nous avons tout juste le temps de prendre une photo préembarquement et d’acheter quelques collations qu’il est temps de nous faufiler dans l’avion. Le temps passe vite en état de fébrilité!

Je réitère pour la 100e fois mon incapacité à dormir en avion. Une heure plus tard, je suis coma sur la tablette de mon siège. C’est le début d’une belle confiance envers ce que j’avance! D’autant plus que nous ne sommes que 2 sur 15 à avoir quelques heures de sommeil dans le corps à notre arrivée à Paris le lendemain matin. Est-ce la faute de leur appréhension aéronautique, du mal de l’air, de la gestion limitée d’espace en position repos du corps ou des innombrables films à visionner sur nos petits écrans? Nous ne le serons jamais!

Certaines ont même le temps de faire connaissance avec un Malgache rentrant au pays. Elles ne perdent pas de temps pour apprendre à connaître tout ce que Madagascar leur réserve. Et ce n’est que le début des initiatives qu’elles prendront tout au long du périple. Chacune à leur façon.

Quand on y pense, c’est incroyable de passer autant d’heures dans un petit espace, sans profiter de la vue lors du déplacement, et de se retrouver dans un décor si différent. Comme si en restant au même endroit et en fermant les yeux très longtemps, nous avions le pouvoir de transformer notre environnement.

Et c’est exactement ça selon moi. Peu importe les kilomètres avalés (c’est le cas de le dire, les filles avaient l’impression de ne faire que cela en avion…manger!), les gens rencontrés sont les mêmes. C’est le décor qui change. C’est tout et c’est ça qui est absolument émerveillant!

À notre arrivée sur le tarmac à Madagascar après 10 heures d’avion depuis Paris, l’énergie reprend le contrôle de toutes. Malgré la fatigue, c’est terriblement impressionnant de sortir directement sur la piste atterrissage (ok…à côté!). J’ai le malheur de me faire avertir de ranger ma caméra. Je ne peux donc pas vous montrer le pétillant dans les yeux de 12 jeunes femmes totalement fascinées, descendre de l’avion comme l’auraient si bien fait Justin Trudeau et Sophie Grégoire devant les journalistes!

Même la longue procession des bagages, quelques envies pressantes et la longueeee attente aux douanes (presque tous les bagages des 500 personnes à bord doivent être vérifiés), ne rompt le bonheur d’être enfin arrivée. Heureusement que l’amoureux de Florence (que nous rencontrerons plus tard) est là pour nous aider à circuler rapidement. Merci encore!

Et voilà, c’est le temps de sortir de l’aéroport. C’est vraiment vrai, nous sommes à Madagascar.

Le premier mot d’ordre est d’éviter d’accepter l’aide de tous ceux qui veulent transporter nos valises…et ils sont nombreux! Le pays vit un contexte économique terriblement difficile et ça se faire ressentir chez la population. Mais elles ne peuvent aider tout le monde et elles doivent éviter qu’un rassemblement se produise autour d’elles, petites Vasa (étrangères) nouvellement arrivées. Il est 1 heure du matin.

Elles fonçent donc (avec nos 30 valises) vers notre autobus, en se faufilant toujours en troupeau serré à travers la foule de gens désirant nous aider. Le premier contact avec la réalité malgache est saisissant. Avec leurs grands cœurs d’éducatrices, elles sont venues pour aider, mais elles ont les mains liées en ce moment. Le paradoxe sera-t-il insoutenable?

Au loin, nos chauffeurs Louis et Théo nous attendent avec leurs grands sourires, avec tout le pays derrière eux…

Ça va être génial de les découvrir!

À suivre très bientôt !

Marie-Eve