Les éducatrices au pays des lémuriens


Les éducatrices au pays des lémuriens

En ce samedi du 11 juin 2017 au cœur de Madagascar, oh joie, nous pouvons sortir du lit après le lever du soleil ! Grasse matinée, tu nous as tant manqué !

Une journée mémorable s’annonce pour les 12 éducatrices québécoises. Dans quelques heures, elles fouleront le sol du Lemur’s Park afin d’aller à la rencontre de magnifiques petites bêtes poilues à la bouille sympathique. Elles rêvent de ces petits lémuriens uniques à Madagascar depuis des années ! Ce sera tout un spectacle de faire leur connaissance !

Sans compter les surprises qui les attendent au détour…

Nous traversons donc en fin d’avant-midi Antananarivo, pique-nique en main, sous la bonne gouverne de Louis et Théo.

En cours de route, les filles s’excitent. Quelque chose les intrigue. Complètement absorbée par le paysage, j’allume 1000 années-lumière plus tard, le temps de laisser l’effervescence gagner l’autobus au grand complet. Même nos guides sont impliqués dans le processus hautement sophistiqué.  « Louis, Théo! On a besoin de vos casquettes du Québec!! »

Derrière nous, un autobus de jeunes hommes nous suit. Ils ont une gueule de québécois, selon nos expertes. Des pompiers, prédisent certaines en se basant sur leurs ravissantes carrures. Pour percer le mystère, les casquettes du Québec valident les hypothèses émises. Il s’agit bien d’un groupe de jeunes Québécois et ils se dirigent… vers le Lémur’s Park.

Nous découvrons donc à destination qu’il s’agit bien d’un groupe de jeune pompier en formation du Cégep Montmorency, en mission à Madagascar. Et qu’ils logent à l’hôtel où nous irons souper ce soir. Leur visite du parc débute avant nous. Peut-être les retrouverons-nous ce soir au souper?

Mais venons-en à l’essentiel, les lémuriens! Notre sympathique guide nous fait circuler parmi les sentiers au paysage à couper le souffle, à la recherche de lémuriens. Ils ne se font pas attendre. Charmants comme tout, ils se laissent approcher à une distance inimaginable, soit d’assez près pour s’y coller le nez. Mais nous devons tout de même éviter de les toucher. Amoureux de la caméra, ils se laissent poser avec plaisir sur plusieurs selfies, à la grande joie des éducatrices! C’est officiel, nous voulons toutes en ramener un à la maison!

Mais nous devons les laisser, car ils sont malheureusement en voie d’extinction. Notre guide nous explique que l’Humain, en brulant les terres pour étendre son agriculture, détruit l’habitat naturel de ce petit animal. L’Humain doit toutefois se nourrir et malgré la sensibilisation, ne peut changer de méthode agricole du jour au lendemain sans aide financière. Les parcs nationaux font tout en leur pouvoir pour maintenir les 36 espèces de lémuriens en vie tout en permettant à plus de 60 000 enfants provenant de populations défavorisées d’accéder à une éducation environnementale. Sans un effort du gouvernement pour soutenir financièrement les fermiers dans la transformation de leur agriculture, les forêts malgaches et les lémuriens sont à disparaitre, mais ces enfants grandiront en gardant en tête ce qu’ils doivent réaliser pour sauver les lémuriens.

Il y a donc de l’espoir : ici comme partout ailleurs, l’avenir est entre les mains de nos enfants.

Je vous invite à regarder cette vidéo qui explique le phénomène tout en relatant une initiative internationale et locale (le Programme holistique de conservation des forêts) visant la préservation de cette riche biodiversité. Et c’est agréable à l’œil en plus!

 

Au retour, nous avons quelques heures à combler avant notre souper au Saka Maga, un restaurant huppé de Madagascar (pas facile la vie de coopérante!). Louis et Théo nous amènent donc visiter les sommets d’Antananarivo afin d’embrasser toute la ville du regard. C’est à couper le souffle.

Au détour d’une ruelle, nous entendons soudain de la musique et des airs festifs. Une parade humaine s’approche de notre autobus. Sous le regard curieux des éducatrices, nos accompagnateurs nous expliquent qu’il s’agit d’un événement rare : soit les festivités entourant la circoncision d’un garçon de 5 ans. La perplexité et la tristesse se lisent rapidement sur nos visages, mais il faut comprendre qu’il s’agit d’un rite de passage important à Madagascar et surtout, que ce dernier a évolué, car il se pratique dorénavant surtout en milieu hospitalier, sous anesthésie. Cet été, plus de 1200 enfants ont été circoncis gratuitement à Antananarivo par les étudiants en médecine afin d’éviter les pratiques dangereuses. Il s’agit d’un bel apprentissage pour nous toutes. Il faut toujours chercher à comprendre ! Je vous invite à écouter ce reportage afin d’en apprendre un peu plus sur cette coutume et les nouvelles pratiques.

Nous finissions cette journée riche en apprentissages autour d’un bon repas en compagnie de Louis, de Théo, de Mme Éléonore (notre grande amie et directrice du centre Sandratra), de son mari, de son fils et de son petit-fils ! Nous en profitons pour souligner les 25 ans de notre belle Gabrielle! Quelques pompiers viennent même se joindre à nous après le dessert. Les festivités se poursuivent !

Mais pas trop! Parce que nous partons à 5h du matin pour découvrir le littoral malgache et un nouveau centre d’accueil à plus de 10h de routes. On vous amène rencontrer de nouveaux petits mousses avec nous ?

Ce n’est pas fini!!

À bientôt!

Marie-Eve Dion

 

Un merci tout spécial au Lemur’s Park pour m’avoir permis d’utiliser les images de lémuriens!

Site Internet (pour en savoir plus sur les lémuriens) : http://www.lemurspark.com/lemurs-park/presentation-lemurs-park.html

Page facebook : https://www.facebook.com/pages/LemursPark/495421113872929?fref=ts