Chanter le départ


Chanter le départ

C’est jour de fête, c’est le temps de se dire au revoir. Ça me fait tout drôle d’écrire ces lignes, sachant qu’avec celles-ci, je vais devoir tourner la page sur cette épopée grandiose à laquelle j’ai participé par ma photographie et mes récits.

On finit ça en beauté? On finit en beauté!

C’est jour de fête, c’est le temps de se dire au revoir. Ça me fait tout drôle d’écrire ces lignes, sachant qu’avec celles-ci, je vais devoir tourner la page sur cette épopée grandiose à laquelle j’ai participé par ma photographie et mes récits.

On finit ça en beauté? On finit en beauté!

Tout débute la veille, à notre retour de Tamatave. Je me réveille, réalisant rapidement que j’ai manqué le départ pour le centre Sandratra. Avec bonheur, je constate que j’ai la chance de rester avec les filles qui ont décidé de préparer la journée de festivité du lendemain.

Je les aide donc à créer des jeux de serpent-échelle et de « Twister » géants avec de grands tissus, à planifier les activités et à terminer les drapeaux de l’amitié (chacun possédant son propre message d’ouverture et d’humanité).

En début d’après-midi, les filles reviennent du centre avec des étoiles dans les yeux. Elles ont eu la chance de passer du temps avec les petits et les nounous avec qui elles ont ris et joué au basket une grande partie de la matinée. Elles nous racontent finalement le plaisir qu’elles ont eu de découvrir que les nounous avaient concocté leurs propres tabliers de stimulation pour les enfants, à l’image de ceux que les éducatrices québécoises avaient présentés à la formation au ministère malgache. Les bonnes idées font toujours leur chemin! Et j’ai manqué ça!! J Ah, si seulement je pouvais me dupliquer!

En soirée, les organisatrices ouvrent la discussion auprès des finissantes : Qu’est-ce qui vous a surpris dans le changement qui s’est opéré en vous suite à ce projet d’aide coopérative ?

Voici un bref aperçu des réactions des jeunes éducatrices :

Sarah-Jane : Je vais me sentir plus proche des gens que j’ai rencontrés ici que beaucoup de gens tout près de chez nous. Tout est si simple ici, on revient à l’essentiel!

Carol-Ann : Le changement qui s’est produit en nous, c’est dans notre quotidien, dans notre routine que l’on va le plus s’en rendre compte.

Valérie C. : Ce qui m’a surpris, c’est de constater que les gens sont plus heureux ici que les gens riches au Québec. J’ai l’impression que les gens autour de moi vont se rendre compte du changement du a eu lieu en moi!

Valérie S. : Cette aventure va nous avoir faire grandir ou changer, mais elle va aussi nous faire grandir jour après jour! Ce projet sera une source de référence pour les moments où ça ira moins bien. J’ai le sentiment d’avoir accompli quelque chose!

Valérie M. : La conscience des autres (on en avait une déjà quand même!), ça nous ouvre sur les besoins des autres! Je vais être plus relax avec les enfants, on va se rendre compte de notre changement au travail!

Je reviens 8 mois en arrière. Lors de notre première rencontre, je note sur mon blogue :

« Le projet, elles m’expliquent le réaliser pour les enfants qu’elles ont à cœur, pour donner un sens à leur vie et pour se pousser hors de leurs limites. Je me rends compte à quel point elles sont engagées et courageuses! Elles savaient dès leur inscription au programme d’éducation à l’enfance, il y a 2 ans et demi, qu’elles feraient ce périple. Et elles réalisent que ce moment approche. Je me sens privilégié de pouvoir capter avec elles ces instants d’épanouissement. »

Et je me sens terriblement privilégié d’avoir assisté à cet épanouissement tout au long de l’année…et particulièrement durant ces 17 jours à Madagascar qui nous ont liés à jamais.

Elles étaient prêtes et elles ont entamé leur mission le cœur grand ouvert. Elles ont rencontré des gens inoubliables, elles ont appris à mettre de côté les idées préconçues, elles ont cherché à rétablir la justice, elles ont renoué avec l’essentiel : vivre.

Elles n’ont pas changé le monde durant ce cours laps de temps, mais elles ont su tisser un maillon solide vers cet avenir plus juste. En prenant part à ce projet d’aide coopérative auprès des nounous et des enfants de Madagascar, elles sont devenues des citoyennes actives et engagées. Toutes les actions qu’elles entreprendront seront dorénavant teinté de cette expérience humaine hors norme.

C’est la fin du périple, mais c’est seulement le début pour elles. Les enfants du Québec les attendent, les bras grands ouverts!

Maintenant, place aux festivités du départ !!!

Je vous laisse comprendre toute l’émotion de cette dernière journée par les images que j’ai prises, une dernière fois…

J’espère que vous avez apprécié lire ce récit.

Merci d’avoir changé ma vie…

Marie-Eve