Apprendre à connaître les enfants de Madagascar


Apprendre à connaître les enfants de Madagascar

Petit à petit, avec mes images et mes petits mots, je compte vous rendre accros à ce pays. Voilà, c’est dit : je vais faire de vous des junkies de Madagascar. J’y ai goûté, j’y ai plongé et je vous amène avec moi !

Nous sommes dans la suite des choses. L’équipe de 12 jeunes éducatrices du programme techniques d’éducation à l’enfance est maintenant bien installée au centre d’accueil Sandratra. Des liens très forts commencent à se tisser. Le retour ne sera pas facile…

Grosso modo, la journée se déroula ainsi :

  1. Petite marche tranquillos sur les routes de Madagascar. Treize vazahas (étrangères) extatiques qui saluent tout le monde sur leur passage, c’est tout un spectacle.
  2. Renouveau du contact avec les petits de 18 mois. Ils ne donnent pas leurs petits cœurs gratuitement et c’est mieux ainsi.
  3. Début des chansons avec moult enthousiasmes de la part de tous. Les enfants sont prêts et connaissent déjà les paroles, et ce, même s’ils ne parlent pas notre langue. Sans accent en plus! Moi qui n’aime pas les ritournelles d’enfants habituellement, je commence à y prendre goût. Ces jeunes femmes, elles sont envoutantes.
  4. Installation des activités par petits groupes avec des items faciles à retrouver et à recréer : des éponges gorgées d’eau (il n’y a qu’une seule règle, on évite la photographe !), des bouteilles remplies de sables (c’est l’heure des quilles), des cordes pour danser et un mélange de ficelle, de bout de tissus et de papier pour réaliser un tunnel de stimulation.
À travers tout ça, les éducatrices proposent plusieurs activités ne nécessitant aucun matériel, dont ce grand classique : la tag. De mon côté, je développe des techniques hautement sophistiquées dans le but de montrer les images de ma caméra aux enfants dans le calme et l’allégresse. Matériel nécessaire : la directrice du centre d’accueil. Ouep, je m’assume, je suis rapporteuse depuis mon plus jeune âge.

Du côté de Maude et Valérie M., quelques petits de 18 mois s’ouvrent peu à peu à elles et se laissent aller à courir et à sourire dans la cour ou tout simplement à rire de Valérie lorsqu’elle s’est étalée de tout son long suite à une chute. Comme quoi le concept « rire et délire » est universel.

Chez les grands, Carolanne apprend à jouer au tennis, à créer sa propre raquette et tombe sous le charme d’un petit homme bien attachant. Vous connaissez maintenant le secret pour apprentissage optimal du tennis…un léger vol de 18 heures vers Madagascar.

Amélie P. et Carol-Ann apprennent quant à elle la langue du pays, entourées des meilleurs pédagogues de Madagascar. Marjorie apprend à tricoter des bracelets, sous les encouragements bien sentis des enfants. Sarah-Jane et Gabrielle s’attachent tout doucement à deux fillettes au passé plutôt sombre. Ces petits bouts de confiance qu’elles gagneront pouce par pouce, les marqueront toutes à jamais.

Pendant ce temps, au deuxième étage, Valérie C. fait barboter le tout petit présentant des difficultés motrices. L’émerveillement qui se lit dans son visage lorsqu’il comprend qu’il peut maintenant détendre ses muscles vaut tout le voyage. C’est avec émotion que Valérie passe le flambeau à la nounou. Dorénavant, ce petit pourra se détendre dans un bain chaud tous les jours. Les progrès se font sentir rapidement. Sous le regard ému de Valérie, il réussit à étirer complètement ses bras pour la toute première fois.

Lors de notre repas concocté et livré sur place par la maison d’hôte où nous logeons, nous refilons de la nourriture en douce à quelques enfants C’est gênant de partager en si peu, un si grand festin, surtout lorsque l’on sait que pour plusieurs dîneurs du centre, il s’agit du seul repas de la journée.

Madagascar a un seuil de malnutrition chronique élevé. Très élevé. Assez pour faire partie des six pays ayant les taux de malnutrition les plus élevés : 50% des enfants de moins de 5 ans du pays en souffrent. Pour en savoir plus à ce sujet, cliquez sur ce lien d’UNICEF Madagascar. Les petits du centre Sandratra sont bien nourris, mais ce n’est malheureusement pas la réalité pour les habitants du village. Le centre fait donc son possible pour fournir (à un tarif très modique, afin que les parents sentent qu’ils peuvent subvenir aux besoins de leurs petits) le repas du dîner aux jeunes écoliers de ce coin de pays. Ils font toute la différence. Ici comme ailleurs (aussi chez nous !), c’est par les initiatives communautaires que s’accélère l’ascension vers le mieux-être de la population.

Au retour, alors que je prends le temps d’aider une partie des éducatrices de retour à la maison d’hôte afin de préparer les 500 sacs d’effets scolaires pour les petits écoliers du village que nous rencontrerons dans quelques jours, quelques filles restent au centre afin d’apprendre à connaître les nounous.

Et comment on apprend à connaître les nounous à Madagascar ? En jouant au basket, voyons ! Sous les fous rires, des liens solides se sont créés. Et j’ai manqué ça !!

Mais je vais me reprendre, oh que oui !

Une foule d’images de ce pays enivrant vous attend !

Au menu pour les prochaines semaines :

–          Une entrée VIP dans l’école du village

–          Une journée de formation au ministère

–          Une rencontre du 3e type avec de sympathiques petites bêtes à la queue rayée grise et noire

–          Une grande traversée tortueuse sur les routes de Madagascar à la rencontre de l’océan indien et d’un chaleureux centre d’accueil

–          Et bien plus encore !

À SUIVRE!